saint,st,germain,laxis,mairie,maire,melun,village,agglomeration,seine,marne,77,77950,conseiller,st germain laxis,saint germain laxis,seine et marne,77000,camvs,sgl
Commémoration

HOMMAGE  A  NOS  CHERS  DISPARUS  DE  14/18



   La Première Guerre Mondiale, baptisée avec beaucoup d'optimisme la « Grande Guerre » ou la « Der des Der », a causé en France la mort de 1 400 000 militaires et de 300 000 civils, une hécatombe sanglante.


   Notre village, Saint Germain Laxis, a contribué à l'effort de guerre en envoyant sur les champs de bataille 19 soldats (soit  10 % de sa population qui comptait 191 habitants lors du recensement de 1911).


   Parmi ces jeunes gens mobilisés, 5 ne sont jamais revenus de la guerre, leurs noms figurent sur la plaque commémorative installée sur la façade de la Mairie à l'initiative de M. Emile PIOT, maire, et de son conseil municipal ; plaque inaugurée solennellement le 11 novembre 1950.


   A l'occasion du 100ème anniversaire du déclenchement de cet horrible conflit, ces 5 soldats méritent d'être rappelés à notre souvenir.


 René Louis BLANCHE :


René Louis BLANCHE avait 27 ans, il est déclaré « tué à l'ennemi ».

   Il naît le 22 mai 1887 à Voutré, petit village de Mayenne où vivent alors ses parents, René Blanche et Marie Lemoine. La famille, recherchant des conditions de vie meilleures, s'installe en Seine-et-Marne en 1890, d'abord à Moisenay puis à Maincy (1896), et enfin à Saint-Germain-Laxis à partir de 1900.


   Son père est employé en qualité de jardinier (élagueur) par la famille Sommier au domaine de Vaux le Vicomte, sa mère, cabaretière, tient un café rue de l'Eglise, actuellement n° 7, établissement qu'elle cèdera en 1914.


   Fils aîné de la famille, René Louis Blanche a deux soeurs et trois frères : Marie née en 1889, Albert né en 1895, Aristide (1901-1903), Gabriel (1902-1959) et Germaine (1907-1908). Albert, mobilisé également, survivra au conflit.


   Le 26 juillet 1913, il épouse à Paris Germaine HERIE, originaire de Bourges où elle est née en 1890. Celle-ci exerce la profession de « mécanicienne-concierge » à Paris où le couple s'installe dans le XIIIème arrondissement. René Louis est « employé aux écritures » dans un service de comptabilité.


   Appartenant à la classe 1907, René Louis BLANCHE fait partie des premiers mobilisés en qualité de chasseur de 2ème classe et rejoint le 3 août 1914 le 57ème bataillon de chasseurs à pied stationné à Brienne-le-Château (10).


   Son unité est rapidement dirigée dans les Vosges pour défendre les frontières de l'est, dans un secteur de petite montagne, très accidenté, entre Rambervillers et la haute Meurthe. La ligne de front n'est pas encore stabilisée, la guerre de tranchée n'a pas commencé.



   René Louis BLANCHE est gravement blessé lors de la bataille du col de la Chipotte et meurt à l'hôpital militaire d'Autrey le 27 août 1914. En une dizaine de jours (25 août – 4 septembre), 4000 soldats français sont tués, mais la bataille est gagnée, consolidant le front est dans ce secteur.  Le col de la Chipotte est surnommé par les poilus « col de la mort », « trou de l'enfer ».

 Ces évènements sont relatés dans l'Historique du 57ème Bataillon de Chasseurs à Pied :


  « Le 26 août, à 4h30, l'ennemi venant de la Haute Neuville, prononce une attaque. Le bataillon, établi dans le bois, reçoit vaillamment le choc, mais, sur le point d'être encerclé, échappe à l'étreinte ennemie en se repliant sur le col de la Chipote où il se joint aux 20ème et 21ème bataillons de chasseurs. Vers 15 heures, toutes nos troupes massées dans les bois de la Chipote donnent l'assaut. L'ennemi se défend énergiquement, mais l'impétuosité avec laquelle nous menons l'attaque enraye la progression de l'ennemi, qui organise ses emplacements.

   Le 27 août, le bataillon est rassemblé à Saint-Benoît. Depuis deux jours aucune distribution de vivres n'a été faite. L'effectif est très réduit, il ne compte plus que 11 officiers et 380 gradés et chasseurs. Les combats auxquels le 57ème bataillon vient de prendre une glorieuse part ont été meurtriers. Un officier et 122 gradés et chasseurs ont payé de leur vie cette héroïque défense de la Chipote. »



Léon Eugène Hippolyte GRIMAULT :


   Il naît le 20 février 1881 à Périgny-sur-Yerres (Val de Marne, ancienne Seine-et-Oise) de Lucien GRIMAULT et de Cécilia GRIMAULT, une famille de cultivateurs propriétaires. Son grand-père, Denis GRIMAULT, était aussi vigneron. Il  est l'aîné d'une nombreuse fratrie (5 frères et 6 sœurs).


   Il épouse le 3 juin 1909 à Mandres-les-Roses (94) Henriette LILLIER avec laquelle il a un fils, Albert Paul, né le 28 décembre 1910 ou 1911.


   Le 9 mars 1913, Léon GRIMAULT et sa famille s'installent à Saint-Germain-Laxis, à la ferme de Pouilly-Gallerand, où il est employé par la famille JACQUELOT.


  Appartenant à la classe 1901, il est mobilisé dès le début du conflit et rejoint le 76ème régiment d'infanterie, caserné à Coulommiers (77), le 11 août 1914 en qualité de 2ème classe. Cette unité participe à divers combats en 1914, dont la Bataille de la Marne début septembre.


 Le 16 février 1915, son régiment participe aux mouvements militaires en vue de reconquérir le village de Vauquois, en Argonne. Les assauts sont terribles,  Léon GRIMAULT est mortellement blessé le 17 février 1915 à l'âge de 34 ans.


Voici comment les faits sont relatés dans l 'Historique du 76ème régiment d'infanterie :


 « Le régiment se prépare en vue d'une attaque prochaine. Il ne s'agit rien de moins que de prendre le village de Vauquois. Trois semaines d'exercices, de reprise en main des unités, et, le 16 février, départ pour la butte fameuse. […] Le 76ème s'installe pendant la nuit du 16 sur ses positions de départ. L'attaque doit avoir lieu le 17 au matin, en liaison à droite avec le 31ème. Le tir de préparation, très sérieux sur le village même de Vauquois, n'atteint cependant pas la première ligne boche sur les pentes en avant des lisières. Aussi, quand, à l'heure H, les vagues d'assaut franchirent les parapets, elles furent fauchées par le tir d'infanterie et par l'artillerie ennemie, qui, du bois de Cheppy à l'est, de la Haute-Chevauchée à l'ouest, prend nos lignes en enfilade. L'attaque cherche à progresser de talus en talus, les vagues d'assaut, sous le feu d'enfer, sont décimées ; elles se collent au terrain, puis, lentement, les survivants se replient dans la tranchée de départ. L'attaque a échoué, malgré la bravoure et le dévouement de tous. Les pertes sont très fortes. […] Une deuxième attaque est fixée au 28 février. »


  Déclaré « tué à l'ennemi », Léon GRIMAULT fait l'objet d'une citation (« Soldat brave et courageux a été tué glorieusement le 17 février 1915 à Vauquois à son poste de combat ») et est décoré de la Croix de Guerre avec étoile de bronze et de la Médaille Militaire à titre posthume.



 Paul Armand GANDOIN :


   Il nait le 30 septembre 1891 à Châteaubleau (77) de Félix Paul GANDOIN et de Armande PRUADERE, cultivateurs. En 1894, la famille GANDOIN s'installe à Saint-Germain-Laxis où elle exploite une ferme, la ferme du Lavoir (elle était située près de l'actuel lavoir), propriété de la famille Sommier, dont dépendent 41 hectares de terres agricoles.


  Paul Armand GANDOIN a une sœur, Geneviève (1905-1987).


   Il épouse le 12 décembre 1911 Louise BIZORD à Saint-Germain-Laxis où celle-ci est née en 1893. Le couple a un enfant Fernand, né en 1912. Paul Armand travaille à la ferme de ses parents.


  Appartenant à la classe 1911, il est incorporé en qualité de soldat de 2ème classe au 31ème régiment d'infanterie, caserné à Paris, Romainville et Melun. En 1914, il participe à plusieurs combats, dont la bataille de la Marne début septembre. En 1915, son unité se bat ardemment en Argonne, notamment autour du village de Vauquois (Meuse).


   Le 17 mars 1915, Paul Armand GANDOIN, âgé de 23 ans, est porté disparu à Vauquois. Le décès sera fixé au 17 mars 1915 par jugement déclaratif  rendu par le Tribunal de Melun le 14 octobre 1920. Un secours de 150 Francs est accordé à sa veuve le 5 août 1916.


  Déclaré « tué à l'ennemi », il fait l'objet d'une citation (« Brave soldat. Belle attitude au feu. Tombé glorieusement au cours de l'attaque d'une position ennemie énergiquement défendue, le 17 mars 1915 à Vauquois. ») et est décoré de la Croix de Guerre avec étoile d'argent et de la Médaille militaire à titre posthume.


    Félix Paul GANDOIN, la père de Paul Armand, sera maire de Saint-Germain-Laxis de 1920 à 1923 après avoir été conseiller municipal plusieurs années.


   Ainsi, à un mois d'écart exactement, Léon GRIMAULT et Paul GANDOIN sont morts à Vauquois lors de terribles combats : on ne sait pas s'ils se sont rencontrés sur le front avant de disparaître tragiquement comme beaucoup de leurs compagnons.



 Louis MAILLE :


   Il naît  le 1er mai 1877 à Aunay (Nièvre) de Jean MAILLE , maçon originaire de la Creuse, et de Marguerite BRION. Ses parents ont 4 autres enfants : Pierre (1869-1928), Claudine (1871), Auguste (1874-1912), Octavie (1879-1891).


    Sa mère décède en 1880, alors qu'il n'a que 3 ans. Son père se remarie en 1882 avec Simone GOBILLOT, 5 enfants naissent de cette union, demi-frères et demi-soeurs de Louis : Marie (1883), Charles (1884-1895), Emile (1886-1899), Jules (1889), Francine (1894-1895).


    Le 15 mars 1900, Louis MAILLE épouse à Aunay Jeanne ADAM, née en 1881. Le couple aura 3 enfants : Alphonse (1901-1985), Marguerite (1903-1903), Etienne (1905-1905).


    La famille s'installe en premier lieu à Crisenoy (77) où le jeune Louis MAILLE est employé en qualité de manouvrier (ouvrier agricole) dans la ferme de la famille CHATTE, en compagnie de son frère Auguste. Puis elle s'installe à Saint-Germain-Laxis peu de temps avant la guerre.


    Louis MAILLE incorpore le 269ème régiment d'infanterie caserné à Nancy et Toul.


Il est tué dans les terribles combats de Verdun (Meuse), dans les tranchées au sud-est du fort de Douaumont, le 2 avril 1916 à l'âge de 39 ans. Il est déclaré « tué à l'ennemi » comme nombre de ses frères d'arme.


   Extrait du Journal des marches et opérations du régiment à la date du 4 avril 1916 :


« Le 269ème n'a plus que 1255 hommes. Il a perdu depuis son entrée en ligne à Verdun le 20 mars : 17 officiers dont 15 disparus, 74 gradés et soldats tués, 325 blessés et 350 disparus, soit un total de 766 officiers et soldats. Il a supporté pendant 14 jours, sans faiblir, le plus effroyable bombardement qui ait eu lieu jusqu'à présent, et les efforts demandés à ses soldats exténués par 13 nuits consécutives sans sommeil ont été donnés avec un dévouement et une bonne volonté admirables, gages de ce qu'ils continueront à fournir, une fois reposés et reconstitués. »



 Henri Amédée MEUNIER :


   Il naît le 11 mars 1882 à Saint-Germain-Laxis de Théophile MEUNIER et de Zoé METOT. Son père est charretier à la ferme de la famille CARON dont il est un cousin germain.


   Il épouse le 22 septembre 1906 à Saint-Germain-Laxis Lucie Eugénie PROUT, domestique, originaire du village. De cette union naît un enfant, Maurice, le 30 octobre 1907.


    Henri MEUNIER est employé en qualité de cantonnier à la gare de Saint-Germain-Laxis, par les Chemins de Fer Economiques, entreprise qui gère notamment le Tramway de Melun à Verneuil.


    Dès le début de la guerre il est mobilisé avec le grade de soldat de 2ème classe au 353ème régiment d'infanterie stationné à Fontainebleau. Il décède le 22 août 1914 à l'hôpital mixte de Fontainebleau à l'âge de 32 ans. Il n'a pas été déclaré « tué à l'ennemi », mais il est mort pendant la mobilisation, peut-être accidentellement ou de maladie.


   Ces 5 soldats, morts pour défendre notre pays, laissent au village 5 veuves et  4 orphelins.


   Enfin, nous pouvons associer à ce souvenir les 14 autres saint-germinois qui ont participé à  la guerre et sont « revenus au pays », certains ayant été blessés ou faits prisonniers  :  Auguste BARRE (cuisinier), Albert BLANCHE, Jules CARON (cultivateur), Louis GUILLE (épicier), Louis JANICOT (maçon), Georges LEFEVRE (charretier), Eugène MARY, Emile PETIT (commis de ferme), Alfred PROUT, René PROUT (maçon), Marius THIERRY (cultivateur), Prosper THIERRY (cultivateur), Robert THIERRY (cultivateur),  Armand VIVOT  (instituteur).


    Si on doit s'incliner devant la sacrifice des vaillants soldats morts pour la France, on ne peut que déplorer l'absurdité des guerres et leur caractère hélas récurent.


      Peut-être doit-on surtout ne pas oublier quelques principes qui ont guidé nos « poilus » et les ont soutenus dans leurs souffrances : l'amour du pays sans doute, mais aussi la défense de la liberté, l'avènement d'un monde de paix, la fraternité et la solidarité entre les hommes... Des concepts à défendre plus que jamais dans le monde actuel où la barbarie est loin d'être éradiquée.


Alain BLANCHE, petit-neveu de René Louis BLANCHE







Av__rYPYqrVwr1xbjoiPIDoXax35SnVIeXlt3LYfaqE